Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Hommage à Moufdi Zakaria à Beït-Al Hikma L’art d’honorer la mémoire (source : radio kalima)

Publié par The Algerian Speaker sur 8 Avril 2011, 14:29pm

Catégories : #TAKAFA (Culture)

«Les peuples s’identifient symboliquement à travers leur emblème et leur hymne national, signes de ralliement et d’union sacrée de leur communauté nationale et signes distinctifs par rapport aux autres. Ces symboles sont porteurs d’une puissante charge affective. 
 
Celle-ci est d’autant plus forte que la naissance de l’hymne national «Qassaman» date de la première année du déclenchement de la lutte de libération nationale en Algérie. En effet, «Qassaman» a rythmé les pulsions de la geste libératrice algérienne et a exprimé le souffle du vaste élan patriotique qui a mobilisé le peuple». Dr Slimane Cheikh, président de la Fondation Moufdi Zakaria.L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts (Beït Al-Hikma) était mercredi dernier au centre d’une journée d’étude consacrée à une figure de proue de la culture maghrébine, Moufdi Zakaria (1908-1978), militant politique, poète de grande dimension, chantre du patrimoine et partisan convaincu et avant-gardiste d’un Maghreb arabe fort et uni. Telles étaient les multiples facettes de l’homme à la stature exceptionnelle soulignées par les diverses personnalités qui ont rassemblé par leurs propos la somme synthétique que réclame un sujet si vaste et si stimulant. Au demeurant, la présente journée d’étude n’avait point la prétention d’épuiser le sujet abordé, tant les activités du poète nationaliste étaient nombreuses, mais simplement de présenter, dans ses grands traits, la personnalité de Moufdi Zakaria qui a épousé les espoirs, les passions et les combats d’une Algérie exploitée éhontément, jusqu’à la moelle. Non qu’il ait limité son champ d’action à la seule Algérie puisqu’il eut aussi plusieurs attaches avec la Tunisie, un pays qu’il a fait sien et où il a si longtemps vécu. C’est bien en Tunisie qu’il a reçu son éducation et sa prime formation politique, dans le sillage du Vieux Destour. Exilé volontaire de sa patrie aux heures d’une indépendance dont la trajectoire politique ne correspondait peut-être pas pleinement à ses espérances, il s’éteint des suites d’une crise cardiaque le 17 août 1977 dans cette bonne ville de Tunis qu’il a si tendrement chérie et aimée. Plusieurs traits peuvent être dégagés de cette haute personnalité, d’abord le quotidien qui a conduit le poète à travailler pour vivre. Il a englobé de nombreuses sphères d’activités, de la création littéraire au journalisme et à la radio, du management de cinéma au théâtre, du commerce de parfums au négoce de tissus. Bouillonnant d’énergie, Moufdi Zakaria, de son vrai nom Zekri Cheikh, avait un côté brasseur d’affaires avec ses heures fastes et, aussi, avec celles du déclin. Au cours de son engagement dans la lutte de libération nationale, il a connu l’emprisonnement dans les geôles françaises à cinq reprises.

Le Maghreb, sa préoccupation majeure
Présidant la séance d’ouverture, M.Abderraouf Basti, ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, a souligné que cette journée d’étude s’inscrit dans le cadre d’une tradition louable instituée par le Président de la République visant à raviver la mémoire, ancrer l’identité nationale et rendre hommage aux nobles figures qui se sont distinguées à l’échelle nationale et maghrébine. Cette manifestation offre l’occasion de mieux étudier l’œuvre du défunt et de saluer son génie créateur, à l’instar de l’hommage qui lui a été rendu par la Tunisie en 2008 à l’occasion de la célébration du centenaire de sa naissance.
M.Basti a également mis l’accent sur la communauté des destins de nos deux pays, faisant remarquer que plus d’une personnalité culturelle ou politique est d’origine algérienne dont le militant et intellectuel Abdelaziz Thaâlbi, l’écrivain et journaliste Mohamed Laâribi, l’historien Ahmed Taoufik Madani et la grande chanteuse Saliha. Il a également ajouté que le talent poétique de Moufdi Zakaria s’est éclos en Tunisie et qu’il a composé des poèmes dédiés à Aboul Kacem Chabbi, Abdelaziz Thaâlbi, le leader Habib Bourguiba, ainsi qu’un recueil de poèmes pour la Tunisie A l’ombre de l’Olivier. Auparavant, ont pris la parole MM.Abdelwahab Bouhadiba, président de Beït Al-Hikma, Lakhdhar Brahimi, ancien ministre, Hédi Baccouche, ancien Premier ministre tunisien et Dr Slimane Cheikh, fils du défunt. Celui-ci a tenu à exprimer ses sentiments de gratitute et de reconnaissance à la Tunisie pour son éducation et à ses savants pour sa formation, insistant sur son amitité avec les poètes tunisiens Mahmoud Bourguiba et Aboul Kacem Chabbi.
Avec beaucoup de reconnaissance et d’émotion, il a évoqué les relations très étroites nouées par son père avec les noms les plus illustres du monde des arts, du théâtre et de la chanson, notamment Hédi Jouini, Ali Riahi, Fathia Khaïri, Hassiba Rochdi, Chafia Rochdi, Fadhila Khetmi, Kaddour Srarfi, Salah El Mahdi et Mohamed Triki.

Il a ajouté que son père était considéré comme étant le poète de langue arabe de la révolution algérienne, l’auteur de l’hymne national de l’Algérie indépendante «Qassaman» (Nous faisons le serment), qu’il a vécu pour un idéal qu’il n’a pas eu le bonheur de voir aboutir, à savoir la réalisation d’un Maghreb arabe fort, uni et sans frontières.
Cette journée d’étude, importante pour le décryptage de l’apport de l’une des figures emblématiques de l’Algérie, a permis au public très motivé de mieux connaître cette personnalité qui a marqué son temps comme acteur important de la scène politique culturelle et sociale et qui, activement ,a contribué à l’édification de l’histoire du nationalisme algérien.

Auparavant, le ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine a inauguré, accompagné de plusieurs personnalités politiques et culturelles des deux pays, une exposition d’œuvres littéraires, de photographies et de documents retraçant l’action politique du défunt. Toute une épopée d’une puissante charge émotionnelle.

Adel LATRECH
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